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Etude sectorielle sur le paysage télécom en Belgique

12/01/2015 - Grégoire Bourguignon , Nicolas Stoffels - 8898 views - Edit 14/01/2015

Le Ministre des Télécommunications, Alexander De Croo et les patrons des 5 plus gros opérateurs, Proximus, Telenet, VOO, Mobistar et Base, sont venus commenter ce matin une étude sur le paysage télécom belge.

Le paysage télécom belge

Il s’agit de la première étude sectorielle pour le secteur des télécoms en Belgique. Le mouvement est lancé pour la réaliser chaque année. Elle a été commanditée par Proximus, Telenet, VOO, Mobistar et BASE et exécutée par le cabinet de consultance Arthur D Little.

Usage et prix

Le rapport se concentre dans un premier temps sur l’évolution des usages télécoms entre 2009 et 2013. Sans surprise, on constate une nette évolution de la majorité des usages, à l’exception de la téléphonie fixe « classique » qui régresse de 2 %.

Il met également en avant la bonne couverture réseau en Belgique (80 % des foyers ont une connexion Internet à haut débit) ainsi que l’augmentation des fonctions et contenus auxquels ont accès les abonnés. La part des services télécoms dans les dépenses d’un ménage est restée sensiblement identique ses dernières années, passant même de 3,24 % à 2,96 %.

Le secteur des télécoms contribue beaucoup à l’économie belge. Investir 1 € dans les réseaux très haut débit génère 3 € de PIB et engendre 1,5 € de recettes fiscales et sociales. 24 % du chiffre d’affaire des opérateurs a été ré-investi en 2013. Les opérateurs ont créés 45 milliards d’euros de valeur pour l’économie belge entre 2007 et 2013.

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Deux tiers des revenus échappent aux opérateurs

Parallèlement, le cabinet constate qu’alors qu’ils sont un moteur pour l’écosystème numérique en Belgique, les opérateurs télécoms génèrent le moins de retour sur investissement. Au niveau mondial, les opérateurs télécoms génèrent la grande majorité des investissements, des emplois et des taxes du secteur numérique, alors qu’ils ne bénéficient que d’un tiers de la valeur ajoutée. Dans l’écosystème digital belge, les opérateurs ne génèrent que 59 % des revenus, alors qu’ils contribuent à 87 % des investissements, 75 % des emplois et 89 % des taxes en 2013.

Ce sont les fournisseurs de contenus, comme par exemple Google, Facebook, Netflix, ainsi que d’appareils/OS, comme Apple et Android, qui profitent le plus de cette conjoncture et génèrent un chiffre d’affaire inversement proportionnel aux investissements, taxes et emplois créés. Pour 1 milliards de chiffre d’affaire généré, les opérateurs investissent 81 fois plus que les opérateurs Internet OTT. Pour 100 € de chiffre d’affaire réalisé en Belgique, les opérateurs contribuent 8 fois plus au PIB que les opérateurs Internet OTT.

De plus, l’Europe est le seul continent où la croissance de l’écosystème numérique est en baisse depuis 2007 : -16 %. Alors qu’en Amérique du Nord, la croissance est de +56 %, et en Asie de +57 %.

Cycles désynchronisés

Le problème pointé dans cette étude est que les cycles législatifs et réglementaires ne sont pas adaptés aux cycles d’investissements des télécoms. Il faut savoir qu’investir dans une nouvelle technologie telle que le VDSL2, la fibre optique ou encore la 4G coûte cher. Un opérateur aura généralement besoin de 10 à 15 ans pour pouvoir espérer un retour sur investissement. Le cycle technologique suit généralement la même courbe et évolue tous les 10 ans (en moyenne).

Par contre, les cycles réglementaires Européens et surtout belges sont bien plus courts et imposent des modifications permanentes aux opérateurs. Ces dernières années, l’Europe a imposé de nouvelles réglementations tous les 5 ans et le régulateurs belges, tous les 3 ans. En Belgique, la législation en la matière a même évolué tous les ans depuis 2012 :

  • 2012 : Loi télécom
  • 2013 : Augmentation de la TVA sur la TV Numérique
  • 2014 : Taxe régionale et municipale Wallonne sur les mâts GSM.

Il devient critique pour les opérateurs de s’assurer des retours sur leurs investissements. Dans ce climat, il est difficile d’innover et de permettre une saine concurrence.

Un « New Deal Numérique »

Le cabinet recommande une solution sous la forme d’un « New Deal Numérique » qui permettrait de garantir une constance dans les réglementations, de mettre en place des mécanismes fiscaux et financiers incitatifs, ainsi que de mettre tous les acteurs (anciens comme nouveaux) sur un même pied d’égalité pour l’accès aux réseaux. Il compte également sur l’appui des pouvoirs publics pour stimuler le développement des filières numériques.

Le mot des opérateurs

Les patrons des opérateurs ont ensuite pris la parole pour s’exprimer sur le sujet.

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BASE

Jos Donvil, patron de BASE Company, pense qu’il est essentiel d’avoir un cadre fiscal stable et un marché bien régulé. Le CEO tacle également la récente taxe wallonne sur les mâts GSM en indiquant que si la situation continue dans cette voie, BASE pourrait ne plus vouloir investir en Wallonie.

Mobistar

Jean-Marc Harion, patron de Mobistar, estime également que cette taxe ainsi que les problèmes de norme 4G a Bruxelles sont un frein aux investissements dans le secteur des télécoms. Il considère que les opérateurs investissent énormément sans récolter le fruit de leurs investissements. Il regrette également qu’à cause de ces difficultés à investir, les opérateurs cherchent à diminuer les coûts, et leurs fournisseurs d’éléments de réseau ne sont plus européens. Enfin, il souhaite que les opérateurs OTT, "Over The Top", tels que Skype, soient considérés comme des opérateurs et soumis aux mêmes réglementations.

VOO

Stéphane Morreau, patron de VOO, met en avant le fait que les opérateurs télécom sont les seuls représentants belges de l’économie numérique et qu’ils est donc important de prendre soin d’eux. Il aborde également de la question du prix, en indiquant que si les opérateurs devaient proposer un pack tout compris à 30 € par mois, de nombreux postes devraient être délocalisés à l’étranger.

Telenet

John Porter, patron de Telenet, se dit également pour un cadre législatif plus stable. Selon lui, la situation actuelle n’est pas normale et ne pousse pas à l’innovation. Il souhaite un contexte économique plus favorable permettant des investissements pour l’avenir. Cela pourrait également permettre de donner envie aux jeunes talents belges de travailler en Belgique plutôt que de partir à l’étranger. Il faut retenir nos talents du numérique en Belgique.

Proximus

Dominique Leroy, patronne de Proximus, souligne les bonnes conclusions de cette étude. Elle appelle également à un meilleur encadrement et à des décisions fortes, surtout au niveau européen, pour aider à l’innovation et à l’investissement. Pour elle, les télécoms sont importantes au quotidien dans de nombreux secteurs et s’avèrent indispensables dans les secteurs de la santé et de la mobilité. Elle appelle également à une meilleure régulation des fournisseurs OTT et, à l’instar de Jean-Marc Harion, demande qu’ils soient soumis aux mêmes règles que les opérateurs télécoms « classiques ».

Tous les intervenants ont également tenu à rappeler combien il est important de respecter la neutralité du Net et d’assurer une sécurité des données qui transitent par leurs lignes. Suite à la question d’un journaliste, Dominique Leroy pointe un projet de règlementation européenne qui vise à encadrer l’utilisation des données personnelles par les opérateurs. La patronne déplore que cette règlementation est partie pour ne pas s’appliquer aux opérateurs OTT. Alors que ce sont eux qui manipulent le plus de données personnelles et de statistiques sur le comportement des utilisateurs.

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Astel se réjouit de ce type d’initiative

Astel ne peut que se réjouir d’une telle étude. Il s’agit de la première étude de ce type en Belgique et elle montre combien il est important de proposer un cadre plus favorable au développement de nos entreprises télécoms.

Espérons que le rapport de l’année prochaine montrera une véritable évolution avec des investissements plus importants, mais également une concurrence plus saine et possible sur ce secteur.

Le médiateur de la conférence n’a pas souhaité que les journalistes profitent d’avoir les 5 patrons devant eux pour lancer d’autres débats sur les sujets "chauds" du moment. Nous pensons à l’ouverture du câble qui se fait attendre, la mort des petits opérateurs ces derniers mois, l’augmentation de prix de Telenet ce mois-ci, etc. On comprend que chaque partie a un avis différent sur ces questions et qu’un cadre règlementaire clair et égalitaire pour tous les acteurs de la chaine de valeur du secteur numérique, comme tous semblent aujourd’hui vouloir le mettre en place, pourrait résoudre ces questions une bonne fois, et relancer la concurrence en Belgique. On ne demande qu’à voir !

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