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Résultats de l’étude UCL du langage SMS

26/01/2007 - Grégoire Bourguignon - Edit 27/01/2007 - vu 11739 fois

Suite à l'action "Faites don de vos SMS à la science" réalisée en 2004, l'UCL publie aujourd'hui un livre sur le traitement des 75 000 SMS récoltés. En voici quelques conclusions inattendues.

Suite à l’engouement de la population pour le SMS, une équipe de chercheurs de l’UCL s’est lancée, fin 2004, dans l’analyse de ce nouveau langage du 21e siècle. Nous avions d’ailleurs sollicité votre participation à l’époque (voir l’article). Pas moins de 75.000 messages ont été récoltés anonymement en deux mois et demi, par 3.200 personnes de tous âges et de profils différents, dont 2.700 ont aussi participé à l’enquête sociologique qui accompagnait l’action sur le web. Parmis ces personnes, 1.200 hommes et 1.500 femmes, de 12 à 65 ans, issues de toutes les provinces de Belgique.

Après deux années d’étude, ces chercheurs nous présentaient ce matin les résultats de cette analyse en profondeur, à travers un ouvrage complet. L’outil idéal pour mieux comprendre ce langage à la mode et acquérir une vision authentique du SMS. En effet, l’étude bouscule les idées reçues. On peut penser que le langage SMS est une nouvelle langue, il n’en est rien. On peut penser que la brièveté des messages est une règle, c’est faux. Certains pensent que les SMS sont la ruine de l’orthographe française, là aussi, c’est loin d’être démontré.

(PNG) Les trois auteurs de l’étude, Cédrick Fairon, Jean René et Sébastien Paumier, ont tout d’abord pris le temps de traiter cette gigantesque base de données pour constituer un corpus exploitable : anonymisation des contenus privés et transcription de 30.000 messages (= l’objectif de départ de la récolte) en français. Les messages sont très variés : personnels, intimes, pratiques, fonctionnels ; et rédigés de manière très familière (voire argotique) à plus formelle.

La principale conclusion du dépouillement, c’est la variété des formes. Le mot "aujourd’hui" apparaît par exemple sous 40 formes différentes pour 648 occurences. La plus utilisée étant "aujourd’hui" (188 fois). Viennent ensuite "ajd" (122) et "auj" (117). Parmis les plus créatives, on trouve "ojourdui" (24) et "Ojourd8" (5). Sur les 3845 occurences du mot "demain", 2251 sont "demain" (soit 58 % !). Ensuite, on a 469 "2m1", 178 "dmain", 138 "dmin", 132 "2main", 123 "dem1", 114 "dm1", 63 "2min" et 22 "dems". Il n’y a donc pas d’équivalent unique à un mot écrit en français standard. Les dictionnaires SMS donnent l’illusion de l’existence d’une norme SMS, mais ils ne sont en fait pas représentatifs des formes utilisées. En guise d’exemple percutant, la phrase "j’espère que tout va bien pour toi, moi je tiens le bar ce midi, si tu veux passer" donne lieu à 15.000.000.000.000 variantes à partir de formes identifiées dans le corpus dépouillé.

Il n’y a pas de langage SMS proprement dit. L’orthographe parfois utilisée en donne l’illusion, mais c’est du français. Ce n’est qu’un jeu d’abréviations et de codes en tout genre. Et il n’y a rien de nouveau à cela. La vraie nouveauté, c’est le mode de communication lui-même. Il fait d’ailleurs le sujet de nombreuses études psychologiques. En effet, c’est l’âge de l’auteur et la nature de la personne à laquelle il écrit qui détermine l’utilisation plus ou moins prononcée d’abréviations. De manière générale, plus l’auteur est jeune, plus son langage SMS est explosé. Passé sous la barre des 15 ans, les messages contiennent des fautes d’orthographe manifestes, dont certaines allongent même les mots. Un comble. Au delà de 35 ans, le langage SMS est très peu utilisé.

Un préjugé a la vie dure : le corpus contient plus de messages abrégés de plus de 160 caractères que de messages abrégés de moins de 160 caractères. Comme quoi le but des abréviations n’est pas de gagner de la place (et donc d’économiser le prix d’un second SMS), mais bien de gagner du temps et de s’amuser. Une autre constatation sort de l’idée qu’on pourrait se faire du langage SMS : la ponctuation ne disparait pas, et la syntaxe est respectée. On maquille juste la forme par l’utilisation d’anglicismes, verlan, phonétisations, abréviations, abrègements et troncations déjà bien connus et utilisés depuis longtemps.

Au hit-parade des abréviations les plus utilisées, on retrouve "ds" (utilisée par 529 personnes sur 2700), "G" (503), "2m1" (469), "ok" (398), "ns" (386), "koi" (352) et "tjs" (343). Une autre constatation : le corpus contient plus de SMS se terminant par un "au revoir" que de messages commençant par un "bonjour". Sans doute parce que lorsqu’on envoie un SMS, on prévoit souvent de ne pas recevoir de réponse, alors qu’on ne dit pas nécessairement "bonjour" lorsqu’on répond à un message reçu.

Influence sur l’école ?

(JPEG)

Aucune étude ne démontre une éventuelle influence du langage SMS sur l’école jusqu’à présent, mais il apparait évident que si la langue française n’est pas acquise, cela aura de fortes répercutions sur la qualité de l’orthographe à l’école. Une étude montre d’ailleurs le contraire : ce sont ceux qui jouent le mieux avec le langage SMS qui maitrisent le mieux la langue.

Extension du projet

Cette étude a plusieurs avenirs. Le premier, c’est au niveau psychologique. Nombre d’étudiant(e)s en psychologie demandent à pouvoir étudier la nature des messages selon le profil social de leurs auteurs. Le second, c’est au niveau industriel : l’amélioration du T9, le dictionnaire intégré dans les GSM pour la prédiction des mots tapés. En effet, il s’avère que de nombreuses formes prisées ne s’y trouvent pas ("slt", "jte"), ou en position trop lointaines par rapport à la fréquence avec laquelle on les utilise ("cmt"). Un autre débouché industriel est l’améloration de la vocalisation des SMS par les opérateurs fixes. Envoyez un SMS dignement rédigé en langage SMS vers votre ligne fixe Belgacom, vous comprendrez ;)

Le projet a pris une dimension internationale sous la dénomination "SMS4SCIENCE". Les chercheurs collaborent en effet maintenant avec des équipes situées notamment en Pologne, à La Réunion, au Maroc et au Danemark.

Enfin, l’équipe pense à reconduire l’expérience de récolte de SMS parmis le grand public dans quelques années pour déceler une éventuelle évolution de ce fameux langage SMS.

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